Marie-Sabine Roger, auteur du roman La Tête en friche, était l’invitée
surprise de la médiathèque intercommunale jeudi 29 octobre, grâce à l’équipe de l’Inter CE Choletais. La rencontre qui devait avoir lieu au Centre du Prieuré s’est finalement déroulée au coeur de la bibliothèque, là où romans et lecteurs se rencontrent… Et c’est précisément de cela qu’il s’agit, dans le dernier roman de Marie-Sabine Roger, La Tête en friche, élu par le prix littéraire inter CE : d’une rencontre. Entre Germain, un candide philosophe mais qui n’a pas les mots, et Margueritte, la vieille dame qui aime les livres. Tous deux vont s’apprivoiser, et partager leur vision de la vie, leurs richesses mutuelles.
La tendresse qui émane de ce livre, l’attention portée à ces deux personnages, aux “gens du commun”, l’humour enfin et la légèreté, ont sans doute contribué au succès de ce livre, coup de coeur des libraires puis des lecteurs, qui se passe de main en main, et se recommande de bouche à oreille. Ce sont ces mêmes qualités qui ont attiré l’attention du cinéaste Jean Becker qui le porte aujourd’hui à l’écran (le tournage s’achevait ce jour même en Charentes). MS Roger a parlé avec enthousiasme de cette adaptation dont elle se méfiait au départ. Mais finalement le respect et la délicatesse de Jean Becker l’ont convaincue, sans parler du choix des acteurs : Gérard Depardieu dans le rôle de Germain, Gisèle Casadesus dans celui de Margueritte, et encore Jean-François Stévenin, Maurane, etc. Les rush qu’elle a vu et ses échanges avec les acteurs nous laissent espérer un moment de bonheur cinématographique !
Marie-Sabine Roger a aussi abordé sa façon de travailler, comment lui vient l’écriture : “ça commence par une phrase…” nous confie-t-elle. “Comme beaucoup d’adolescents, j’écrivais de la poésie, de manière impulsive, sans réfléchir. C’est pareil pour ce roman. Germain est venu me chercher, il était pressé de me présenter Margueritte. c’est une vieille dame, il n’y avait pas de temps à perdre”… ajoute-t-elle, avec humilité. Marie-Sabine Roger ne cherche pas à faire de l’effet, elle mesure comme ce peut être difficile à comprendre, cette relation à l’écriture, mais elle avoue ne pas pouvoir faire autrement : elle se lance, et ne sait pas au fur et à mesure de l’écriture comment tout cela va finir. Parfois, le projet avorte au bout de quelques semaines de travail : l’histoire mène à une impasse et il lui faut renoncer, abandonner cet embryon de roman qui ne veut pas grandir.
“Je n’ai pas de plan; à chaque fois que je reprends mon manuscrit, je relis tout, je m’immerge sans arrêt dans ce climat”, poursuit-elle. “Mon seul critère, pour décider si je m’attèle à un roman, c’est l’attachement que j’ai pour les personnages. Sinon, ça ne marche pas.” Pour qui a lu “La Tête en friche”, on comprend sans peine ce qu’elle veut dire, tant est contagieux son attachement à ses héros minuscules. Si on l’interroge sur l’origine de ce récit, Marie-Sabine raconte : “De mes origines, sans doute, et d’un agacement aussi: issue d’une famille d’autodidactes, je sais qu’il y a des Germain dans notre société. En tant qu’enseignante, j’ai vu comme on y confond systématiquement la culture des livres et l’intelligence.” La Tête en friche dresse ainsi le portrait d’un de ces diamants restés bruts, qui peine à se révéler tant que l’environnement (familial, scolaire) leur est hostile, mais s’ils rencontrent la bienveillance, la confiance et la générosité d’une Margueritte, alors tout est possible !…
Si Marie-sabine Roger a su, à travers son roman, partager de l’espoir, elle en est aujourd’hui remerciée et récompensée non seulement par les prix littéraires, mais aussi et surtout par le public, au fil des rencontres suscitées par le prix inter CE, comme cette lectrice qui était venue ce soir lui dire dans un élan “MERCI”, pour ce “grand bonheur” de lecture !
A lire de Marie-Sabine Roger (entre autres livres disponibles dans les bibliothèques): La Tête en friche, édition du Rouergue, coll. La Brume (dispo : Torfou, St-Macaire). Le Quatrième soupirail, éditions Thierry Magnier (St-Macaire). La Moitié gauche de la lune, éditions Pocket junior(SM). Le Ciel est immense, éditions Le Relié (SM). Attention fragiles, éditions du Seuil (SM, Le Longeron).
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GERMAIN Michèle, librairie ParChemins a dit,
31 octobre 2009 @ 4:55
Super, quelle surprise. J’ai aussi beaucoup aimé ce livre, et je tente de faire partager ce bonheur de lecture auprès de mes clients. Un roman plein de tendresse, d’humour, d’humanité. Elle méritait bien ce prix.